Victime ou témoin d’un acte antisémite ?

Danger immédiat, menace ou agression en cours

Appelez le 17 ou le 112.

Si vous ne pouvez pas parler ou entendre : le 114, gratuit, 24h/24 et 7j/7, par SMS, tchat, visiophonie en langue des signes ou avec l’application Urgence 114. Accéder au 114

Dites où vous êtes, ce qui se passe et qui vous êtes.

Vous pouvez demander de l’aide même si vous n’êtes pas certain·e de la manière de qualifier les faits. Ce n’est pas à vous de dire si c’est un délit.

Choisissez la situation qui vous correspond. Chaque entrée donne les démarches concrètes, dans l’ordre.

Trois réflexes, quelle que soit la situation

  1. Gardez les preuves. Notez les mots exacts, la date, l’heure, le lieu, les personnes présentes. Faites des captures d’écran horodatées. En cas de violences, faites constater les blessures par un médecin.
  2. N’attendez pas. Les injures et les provocations publiques à la haine à caractère antisémite se prescrivent au bout d’un an seulement (loi du 29 juillet 1881), contre six ans pour la plupart des délits. Passé ce délai, il n’est plus possible d’agir.
  3. Ne restez pas seul·e. Parlez-en à quelqu’un et faites-vous accompagner. Plusieurs services sont gratuits et confidentiels.

Votre situation

Je suis élève

Tu as subi ou vu une insulte, une menace, une agression, une « blague », une mise à l’écart ou un contenu qui vise une personne parce qu’elle est juive ou supposée l’être ?

Tu n’as pas besoin de savoir si c’est juridiquement un délit pour en parler. Ce n’est pas à toi de qualifier les faits.

1. Parle à un adulte, dès que possible

Parent, professeur, CPE, AED, infirmière ou infirmier scolaire, assistante sociale, direction de l’établissement : choisis un adulte en qui tu as confiance.

Dis simplement ce qui s’est passé : les mots exacts qui ont été prononcés, où, quand, et qui était présent.

Si le premier adulte ne réagit pas, ou si tu ne te sens pas écouté·e, adresse-toi à un autre adulte. Ce n’est pas grave d’insister. C’est même la bonne chose à faire.

2. Appelle, signale, ou porte plainte

Appeler le 3018 Pour le harcèlement, le cyberharcèlement et les violences numériques. Gratuit, anonyme et confidentiel, 7j/7 de 9h à 23h. Aussi par tchat sur 3018.fr ou avec l’application 3018. Signaler un contenu en ligne à PHAROS Le portail officiel du ministère de l’Intérieur. Accessible aux mineurs comme aux majeurs. Tes coordonnées sont facultatives. Comprendre comment porter plainte quand on est mineur Un mineur victime d’une infraction peut déposer plainte seul, ou accompagné d’un adulte de son choix ou d’une association. Fiche officielle service-public.fr. Appeler le 0 800 18 26 26 (SPCJ) Le service qui recueille les signalements d’actes antisémites et accompagne les victimes. Gratuit, 24h/24 et 7j/7.

Parler à ton établissement, appeler le 3018, signaler un contenu et porter plainte sont des démarches différentes. Selon la situation, elles peuvent se compléter. Faire l’une n’empêche pas de faire les autres.

Si tu es en danger chez toi ou si personne ne te protège, appelle le 119, Allô Enfance en danger. Gratuit, 24h/24 et 7j/7. allo119.gouv.fr

Je suis parent ou proche

1. Écoutez, sans minimiser

Ne demandez pas à l’enfant ou au proche de prouver ce qu’il avance, et ne lui demandez pas tout de suite si « c’était vraiment méchant ». Le doute vient très vite après ce type de faits, et il fait taire.

Notez avec lui, par écrit et le plus tôt possible : les mots exacts, la date, l’heure, le lieu, les personnes présentes, les éventuels contenus en ligne. Faites des captures d’écran avant qu’ils ne disparaissent.

2. Saisissez l’établissement par écrit

  • Demandez un rendez-vous au chef d’établissement ou au directeur d’école, et confirmez votre demande par mail. L’écrit date la saisine et laisse une trace.
  • Décrivez les faits, pas votre interprétation. Demandez explicitement ce qui va être fait et sous quel délai.
  • L’établissement doit rédiger un rapport d’incident et saisir les faits graves dans l’application « Faits établissement ». Les faits constitutifs d’un délit doivent être signalés au procureur de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. C’est une obligation légale, pas une option.

Si l’établissement ne répond pas ou minimise, écrivez à la direction académique (DSDEN) puis au rectorat. Vous pouvez aussi vous faire accompagner par une association (voir plus bas) : leur intervention change souvent le rythme des réponses.

3. Faites-vous aider

3018, harcèlement et violences numériques Gratuit, anonyme et confidentiel, 7j/7 de 9h à 23h. Le 3018 peut obtenir le retrait rapide de contenus auprès des plateformes. SPCJ, 0 800 18 26 26 Signalement des actes antisémites et accompagnement des victimes : assistance juridique, soutien psychologique, aide sociale. Gratuit, 24h/24 et 7j/7. 116 006, aide aux victimes Écoute par des professionnels, information sur vos droits, orientation vers l’association d’aide aux victimes la plus proche. Gratuit, 7j/7. Ouvert aussi aux proches et aux témoins. LICRA, aide juridique gratuite Formulaire de signalement ouvert aux victimes et aux témoins. Permanence juridique gratuite au 01 45 08 08 08, du lundi au vendredi, 9h-13h et 14h-18h.

4. Porter plainte

Pour des injures, des menaces ou des violences à caractère antisémite, il faut se rendre dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie, n’importe lequel en France, quel que soit votre domicile ou le lieu des faits. Vous pouvez aussi écrire directement au procureur de la République du tribunal judiciaire compétent.

On ne peut pas vous refuser une plainte. Si un service tente de vous orienter vers une simple main courante, demandez que votre plainte soit enregistrée, ou écrivez au procureur.

Attention : le service de plainte en ligne du portail Ma Sécurité ne couvre à ce jour que les atteintes aux biens (vol, dégradations, escroquerie). Il ne permet pas de porter plainte pour des faits visant une personne.

Les parents peuvent porter plainte au nom de leur enfant mineur. La constitution de partie civile et la demande de dommages et intérêts, elles, relèvent des représentants légaux. Comment porter plainte · Vérifier votre droit à l’aide juridictionnelle

Je suis enseignant·e ou personnel éducatif

Vous êtes témoin, ou vous recueillez la parole d’un élève

  • Protégez et écoutez la victime, sans minimiser les faits et sans lui demander immédiatement de les qualifier.
  • Notez précisément les paroles, les gestes, la date, le lieu, les personnes présentes et les éventuels contenus en ligne.
  • Informez rapidement la direction de l’établissement.

Le vademecum de l’Éducation nationale, « Agir contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine à l’École. Comprendre, réagir, prévenir » (édition 2026), prévoit notamment :

  • un rapport d’incident factuel transmis à la hiérarchie ;
  • la saisie par la direction dans l’application « Faits établissement » ;
  • l’information de l’équipe académique Valeurs de la République (EAVR), qui peut intervenir en appui ;
  • le signalement sans délai au procureur de la République pour les faits constitutifs d’un délit, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, indépendamment de la procédure disciplinaire.

L’article 40 fait de ce signalement une obligation légale pour tout fonctionnaire qui a connaissance d’un crime ou d’un délit dans l’exercice de ses fonctions. Ce n’est pas une faculté laissée à l’appréciation de chacun.

Consulter le vademecum sur éduscol Le texte de référence : comprendre, réagir, prévenir. Édition 2026.

Vous êtes victime, témoin, ou insuffisamment accompagné·e

Formulaire national « Valeurs de la République » Réservé aux personnels de l’Éducation nationale. Vous pouvez ne pas communiquer votre identité. Un coordonnateur vous rappelle sous 24 heures ouvrables pour vous écouter et vous orienter vers les interlocuteurs compétents.

Ce formulaire est réservé aux personnels de l’Éducation nationale. Il n’est pas accessible aux élèves ni aux familles. Il est par ailleurs suspendu pendant les vacances d’été.

En complément, vous pouvez saisir le Défenseur des droits (39 28) si vous estimez subir une discrimination, et solliciter France Victimes (116 006) pour un accompagnement personnel.

Cela s’est passé en ligne

Dans cet ordre

  1. Conservez la preuve. Copiez l’adresse exacte du contenu, le nom du compte, la date et l’heure, et faites des captures d’écran. Un contenu supprimé après votre signalement reste poursuivable si vous en gardez la trace.
  2. Ne repartagez pas le contenu pour le dénoncer. Vous lui donneriez de l’audience, et vous risqueriez d’en devenir vous-même le relais.
  3. Signalez le contenu à la plateforme concernée (X, Instagram, TikTok, YouTube, Snapchat, Discord…) avec son outil de signalement interne.
  4. Signalez-le à PHAROS, si possible avant sa suppression.
  5. En cas de cyberharcèlement ou de menace visant un jeune, appelez le 3018. Le 3018 peut obtenir le retrait rapide des contenus auprès des plateformes.
  6. Pour une assistance personnalisée, utilisez 17Cyber.
Signaler à PHAROS Le portail officiel du ministère de l’Intérieur pour les contenus illicites : propos antisémites, provocation à la haine, menaces, apologie de crimes contre l’humanité. Vos coordonnées sont facultatives. 17Cyber Le service public d’assistance aux victimes de cybermalveillance, 24h/24 et 7j/7. Diagnostic de votre situation, conseils adaptés et, si nécessaire, tchat avec un policier ou un gendarme. 3018 Harcèlement et violences numériques. Gratuit, anonyme et confidentiel, 7j/7 de 9h à 23h.

Un signalement à PHAROS n’est pas un dépôt de plainte. Il alerte les policiers et gendarmes de la plateforme, qui analysent le contenu et peuvent le transmettre à un service d’enquête. Pour engager des poursuites, il faut aussi porter plainte.

Autre situation

Au travail, dans la rue, dans les transports, dans un commerce, au sport, à l’université, dans le voisinage, pour accéder à un logement ou à un service : les démarches existent aussi, et elles sont les mêmes pour les victimes et pour les témoins.

1. Gardez la trace des faits

Mots exacts, date, heure, lieu, identité ou description des personnes présentes, échanges écrits, photos. En cas de violences, faites établir un certificat médical.

2. Choisissez le service adapté

SPCJ, 0 800 18 26 26 Le dispositif dédié aux actes antisémites : signalement, assistance juridique, soutien psychologique, aide sociale, suivi confidentiel. Gratuit, 24h/24 et 7j/7. 39 28, Défenseur des droits Discrimination ou propos haineux dans l’emploi, l’éducation, le logement ou l’accès à un service. Des juristes vous informent et vous accompagnent gratuitement. Du lundi au vendredi, 9h30-19h, prix d’un appel local. Tchat disponible aux mêmes horaires. LICRA Signalement en ligne ouvert aux victimes et aux témoins. Aide juridique gratuite, et possibilité d’un accompagnement en justice. Permanence au 01 45 08 08 08. 116 006, aide aux victimes Écoute, information sur vos droits et orientation vers l’association d’aide aux victimes la plus proche. Gratuit, 7j/7. Fiche officielle « Je suis victime d’antisémitisme » Le point d’entrée du ministère de la Justice : ce que dit la loi, quelles démarches, quels recours.

3. Porter plainte

Rendez-vous dans n’importe quel commissariat ou brigade de gendarmerie, ou écrivez au procureur de la République. On ne peut pas vous refuser une plainte. Pensez au simulateur d’aide juridictionnelle si les frais d’avocat sont un obstacle.

Pour trouver une association agréée près de chez vous : annuaire de la DILCRAH.

Signaler, alerter, porter plainte : ce n’est pas la même chose

DémarcheCe qu’elle produit
Parler à l’établissementDéclenche la réaction de l’école : protection de l’élève, rapport d’incident, saisie dans « Faits établissement », procédure disciplinaire, et signalement au procureur si les faits sont un délit.
Appeler un numéro d’écoute (3018, 116 006, SPCJ)Une écoute, des conseils, un accompagnement, et parfois le retrait rapide d’un contenu. Ne déclenche pas de poursuites à soi seul.
Signaler à PHAROSAlerte les policiers et gendarmes de la plateforme, qui peuvent transmettre à un service d’enquête. Ce n’est pas une plainte.
Porter plainteOuvre la voie à des poursuites pénales contre l’auteur. Seule démarche qui saisit formellement la justice.

Ces démarches ne s’excluent pas. Selon la situation, elles se complètent.

Toutes les ressources

BesoinRessource
Urgence, danger immédiat17 ou 112. Sans pouvoir parler ni entendre : 114, 24h/24, SMS, tchat, visio LSF, application. urgence114.fr
Signaler un acte antisémite et être accompagnéSPCJ, 0 800 18 26 26, gratuit, 24h/24 et 7j/7. Signaler en ligne
Harcèlement, cyberharcèlement, violences numériques3018, gratuit, anonyme et confidentiel, 7j/7 de 9h à 23h. 3018.fr
Être écouté et accompagné comme victime116 006, France Victimes, gratuit et confidentiel, 7j/7. france-victimes.fr
Signaler un contenu illicite en lignePHAROS. internet-signalement.gouv.fr
Assistance après une cyberattaque ou une cybermenace17Cyber, 24h/24 et 7j/7, avec tchat policier ou gendarme. 17cyber.gouv.fr
Obtenir une aide juridique spécialiséeLICRA, aide gratuite aux victimes et aux témoins, permanence au 01 45 08 08 08. Formulaire de signalement
Discrimination dans l’éducation, l’emploi, le logement ou l’accès à un service39 28 ou tchat du Défenseur des droits, du lundi au vendredi 9h30-19h. antidiscriminations.fr
Un mineur est en danger119, Allô Enfance en danger, gratuit, 24h/24 et 7j/7. allo119.gouv.fr
Déposer plainteCommissariat, brigade de gendarmerie, ou courrier au procureur. Informations officielles · Cas d’un mineur
Financer un avocatAide juridictionnelle. Simulateur officiel
Comprendre l’ensemble des procédures scolairesVademecum Éducation nationale, édition 2026. Consulter sur éduscol
Trouver une association agréée près de chez soiAnnuaire de la DILCRAH. dilcrah.gouv.fr/annuaire

La Fresque contre l’antisémitisme n’est ni un service de signalement, ni un service juridique. Cette page oriente vers les dispositifs officiels et les associations habilitées. Informations vérifiées en août 2026 auprès des sources officielles. Si vous constatez qu’un numéro ou une procédure a changé, écrivez-nous.